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EDITORIAL

Jean-René Gonthier

L'esclavage est révolu vive
la sous-traitance

Sous-traiter ce n’est plus exécuter bêtement la commande d’un donneur d’ordre exigeant et sans scrupule, le sous-traitant doit aussi pouvoir amener ses idées.

Chaque industriel clairvoyant se doit un jour ou l’autre de s’interroger : faut-il sous-traiter une partie de ma fabrication ou au contraire fabriquer la totalité de mes produits moi-même?
La réponse est loin d’être simple car en cas de sous-traitance, elle implique forcément une collaboration étroite avec ses fournisseurs qui deviennent face à ses propres clients, des partenaires. Ces liens intenses qui doivent se lier entre donneurs d’ordre et exécutants sont ambivalents vu que, d’une part, ils doivent travailler main dans la main et d’autre part, le sous-traitant subit souvent une pression intense sur les prix et les délais, laquelle nuit à l’éxécution du travail. Faut-il dès lors conclure des accords de partenariat entre ces deux entités?
Cela se justifie de cas en cas et peut améliorer le climat de travail par un partage des responsabilités et des résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs. Et si une telle alliance entre donneurs d’ordre et fournisseurs se réalise, pourquoi alors ne pas se lancer dans une fusion à plus large échelle?
Il y a aussi le cas inverse où une compagnie ayant pris l’option stratégique de garder tout son savoir-faire dans ses murs, invente, développe et fabrique ses produits seul, sans l’aide de tiers. C’est dangereux à long terme! Car, par l’usage d’un outil de production par définition limité, cela oblige à avoir une production très régulière. Et en cas d’afflux excessif de commandes, cette entreprise devra renoncer à de nouveaux marchés. Alors que l’entreprise concurrente, ayant compris les vertus de la sous-traitance, lancera simplement un appel d’offres auprès de ses fournisseurs.
Lesquels n’hésiteront pas à remettre en question l’un ou l’autre aspect du produit dans le but fort sain de rentabiliser sa fabrication. Ainsi le travail en harmonie entre un donneur d’ordre et un sous-traitant permet souvent au premier de bénéficier du savoir-faire «de niche» que le second détient, tout cela pour une rentabilité accrue.

Auteur: Jean-René Gonthier, rédacteur http://www.msm.ch


Tiré du magazine MSM Le Mensuel de l'industrie http://www.msm.ch